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"Hana" de Alena Mornstajnova

  • Photo du rédacteur: Johana Martin
    Johana Martin
  • 19 nov. 2022
  • 4 min de lecture

🅣🅘🅣🅡🅔 : "𝘏𝘢𝘯𝘢"

🅐🅤🅣🅡🅘🅒🅔 : 𝘈𝘭𝘦𝘯𝘢 𝘔𝘰𝘳𝘯𝘴𝘵𝘢𝘫𝘯𝘰𝘷𝘢

🅔🅓🅘🅣🅔🅤🅡 : 𝘉𝘭𝘦𝘶 𝘦𝘵 𝘑𝘢𝘶𝘯𝘦

🅤🅝 🅜🅞🅣 : 𝘉𝘰𝘶𝘭𝘦𝘷𝘦𝘳𝘴𝘢𝘯𝘵


Pour être honnête avec vous, ce n'est pas un roman que j'aurais acheté par moi-même si je l'avais vu en librairie. En réalité je l'ai gagné lors d'un concours organisé par la maison d'édition 𝐁𝐥𝐞𝐮 𝐞𝐭 𝐉𝐚𝐮𝐧𝐞.

Quand je l'ai reçu j'ai été intrigué par sa couverture minimaliste et son résumé que je cite :


" 𝓤𝓷 𝓳𝓸𝓾𝓻 𝓭’𝓱𝓲𝓿𝓮𝓻 1954, 𝓜𝓲𝓻𝓪, 𝓷𝓮𝓾𝓯 𝓪𝓷𝓼, 𝓭é𝓼𝓸𝓫é𝓲𝓽 à 𝓼𝓮𝓼 𝓹𝓪𝓻𝓮𝓷𝓽𝓼. 𝓔𝓷 𝓰𝓾𝓲𝓼𝓮 𝓭𝓮 𝓹𝓾𝓷𝓲𝓽𝓲𝓸𝓷, 𝓮𝓵𝓵𝓮 𝓮𝓼𝓽 𝓹𝓻𝓲𝓿é𝓮 𝓭𝓮 𝓭𝓮𝓼𝓼𝓮𝓻𝓽. 𝓒𝓮𝓽 𝓲𝓷𝓬𝓲𝓭𝓮𝓷𝓽, 𝓭’𝓪𝓹𝓹𝓪𝓻𝓮𝓷𝓬𝓮 𝓸𝓻𝓭𝓲𝓷𝓪𝓲𝓻𝓮, 𝓿𝓪 𝓹𝓸𝓾𝓻𝓽𝓪𝓷𝓽 𝓬𝓱𝓪𝓷𝓰𝓮𝓻 𝓼𝓪 𝓿𝓲𝓮 𝓹𝓸𝓾𝓻 𝓽𝓸𝓾𝓳𝓸𝓾𝓻𝓼. 𝓔𝓵𝓵𝓮 𝓼𝓮 𝓻𝓮𝓽𝓻𝓸𝓾𝓿𝓮 𝓪𝓿𝓮𝓬 𝓼𝓸𝓷 é𝓽𝓻𝓪𝓷𝓰𝓮 𝓽𝓪𝓷𝓽𝓮 𝓗𝓪𝓷𝓪 𝓮𝓽 𝓭é𝓬𝓸𝓾𝓿𝓻𝓮, 𝓹𝓮𝓾 à 𝓹𝓮𝓾, 𝓵𝓮 𝓹𝓪𝓼𝓼é 𝓽𝓻𝓪𝓰𝓲𝓺𝓾𝓮 𝓭𝓮 𝓼𝓪 𝓯𝓪𝓶𝓲𝓵𝓵𝓮… "

J'ai été troublé par la fait qu'une simple privation de dessert allait bouleversé la vie d'une petite fille.



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Il s'agissait plus précisément de beignets aux pommes, d'où la couverture du roman. Tout s'explique.


🅐🅣🅣🅔🅝🅣🅘🅞🅝 🅢🅟🅞🅘🅛 : La famille de Mira tomba malade très peu de temps après avoir mangé ces desserts, et ils ne furent pas les seuls. Presque toute la ville tomba malade du Typhus. Des prélèvements ont révélés que l'eau d'un puits dont le pâtisser se servait mais aussi les habitants, était infecté par cette maladie.


Mira se retrouva d'abord chez la meilleure amie de sa sœur. Elle fut plutôt bien accueilli, à part par le père de famille. Les enfants étaient absents, déposés chez les grands parents au début de l'épidémie. Mais quand le fils et la fille rentrèrent chez eux et découvrirent Mira, la petite Ida décida qu'elle voulait prendre leur place et qu'il ne fallait pas se laissé faire.

Mira vécu dans la crainte tous les jours, car Ida lui en faisait voir de toutes les couleurs. Personnellement j'admire le sang froid de la petite Mira. Mon tempérament même jeune m'aurait fait faire une jolie prise de Judo pour la faire voltiger dans les airs et la calmer.


Par chance, sa tante Hana avait survécu au Typhus.

Sa tante est un personnage très étrange... Plus vieille d'apparence qu'elle ne l'est vraiment. Toujours avec du pain dans ses poches. Toujours enfermé dans son monde. Hana est en vérité une bien plus grande survivante qu'on veut bien le croire. Et on nous l'explique.




𝐀𝐥𝐞𝐧𝐚 𝐌𝐨𝐫𝐧𝐬𝐭𝐚𝐣𝐧𝐨𝐯𝐚 a construit son livre en deux voix. D'abord celle de Mira, qu'on suit de son jeune âge jusqu'à son entrée dans la vie de femme.

Puis 𝐀𝐥𝐞𝐧𝐚 𝐌𝐨𝐫𝐧𝐬𝐭𝐚𝐣𝐧𝐨𝐯𝐚 nous fait découvrir dans une plus grande partie, la vie de Hana.

Hana qui est jeune, bientôt diplômé du lycée et qui est amoureuse. Amoureuse d'un militaire qui lui promet amour éternel et mariage, mais qui en vérité doute. Il doute car Hana est juive, et que nous sommes dans les années 1938.


Vous l'aurez compris.

Ce roman parle de la condition des Juifs pendant la seconde guerre mondiale.

De l'avant guerre jusqu'aux camps de concentrations.

Et il est 𝘉𝘰𝘶𝘭𝘦𝘷𝘦𝘳𝘴𝘢𝘯𝘵.

Car nous vivons la vie de Hana qui se veut insouciante du danger. Qui ne pense qu'à son grand amour, qui au passage, est un sacré biiiip.

A cause de cet amour et de son insouciance, elle empêche sa famille de partir pour l'Angleterre, et de s'y mettre à l'abri.

La famille de Hana se retrouve déporté dans un camp, excepté sa petite sœur Rosa qui a été caché dans le grenier d'une amie de la famille.

Arrivé au camp, un tri est fait entre les "aptes" et les "pas aptes". Evidemment les grands parents de Hana sont classés "pas aptes"". La mère d'Hana décide de les suivre, et Hana se retrouve seule avec l'ordre de sa mère de tout faire pour y resté le plus longtemps possible. Ce qu'elle fut pendant presque une année. Puis en 1944 elle fut conduite dans le train qui avait emmené sa famille quelques mois plus tôt. Elle se retrouva au camp Auschwitz et découvrit toute les horreurs dont l'homme était capable. Et elle comprit. A cause d'elle, à cause de son amour bête, elle avait tué sa famille.



🅟🅞🅤🅡 🅒🅞🅝🅒🅛🅤🅡🅔 : Le désespoir dans lequel se retrouve Hana, je l'ai partagé avec elle. D'une manière infime car l'atrocité de cette époque est tellement inimaginable.


Et quand on croit que c'est fini, qu'on pense que la tante Hana à vu et vécu le pire, le coup de grâce tombe. Car celle qui a ramené les beignets aux pommes chez les parents de Mira, c'est elle.

Elle se retrouve responsable une fois de plus de la mort de sa famille.


𝐀𝐥𝐞𝐧𝐚 𝐌𝐨𝐫𝐧𝐬𝐭𝐚𝐣𝐧𝐨𝐯𝐚 m'a bousculé dans ce roman. Des scènes venaient s'imprimer dans ma tête. Je me mettais à repenser à ma lecture, et au fond de moi plusieurs sentiments se bousculaient.

J'étais et je suis encore en colère contre cette époque, je suis triste, abattu et désolé d'être si impuissante face à ces atrocités survenues.


Ce n'est pourtant pas le premier roman que je lis sur la guerre mondiale, mais j'admets que celui-ci m'a particulièrement chamboulé.

𝐀𝐥𝐞𝐧𝐚 𝐌𝐨𝐫𝐧𝐬𝐭𝐚𝐣𝐧𝐨𝐯𝐚 a eut l'idée d'écrire l'histoire d'une famille apriori banale. On se retrouve à partager leurs moments et on s'y attache, on se projette. Et tout doucement 𝐀𝐥𝐞𝐧𝐚 𝐌𝐨𝐫𝐧𝐬𝐭𝐚𝐣𝐧𝐨𝐯𝐚 immisce le mal dans son roman, et on se retrouve à notre tour piégé. Un réel talent.


🅤🅝 🅓🅔🅡🅝🅘🅔🅡 🅜🅞🅣 : Il m'est difficile de vous conseiller cette lecture. Mais il m'est aussi difficile de ne pas vous la conseiller. Je vous laisse décider par vous-même si vous vous sentez capable de lire ce roman.





 
 
 

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